Blog de Jean-Patrick BOLF, coureur solidaire !

Blog de Jean-Patrick BOLF, coureur solidaire !

30/07/2011 : La 22ème 6000D

Samedi 30/07/2011, 7h00 : La 6000D - Aime (73) - Trail 60,9 km, 3215m D+

 

Une course qui porte bien son nom : « La course des géants »

 

Prologue : Tout comme Nathalie T, collègue de mon club de jogging de Sassenage et son compagnon Mickaël, je me suis inscrit à cette course mythique dans l'optique d'acquérir les 2 points complémentaires pour mon inscription à l'UTMB 2012. Christophe L est également inscrit à cette course, et c'est avec lui que je partage l'appartement réservé, via les indications obtenues sur le site de la course, pour 2 nuits à Belle-Plagne, résidence Les Licornes. N'étant pas encore en vacances et travaillant tous les deux sur Lyon, nous nous retrouvons donc sur place vers 21h00. Après avoir retrouvé Nathalie et Mickaël en vacances sur place depuis le début de la semaine et venus nous rendre visite, nous discutons tous ensemble un petit moment sur notre journée de demain avant de nous séparer. Nous attaquons Christophe et moi une traditionnelle Pasta Party « maison », avec tomates en entrée (légumes obligent) et bananes en dessert.

 

Les derniers préparatifs pour la course sont terminés vers 23h30, aussi est-il grandement l'heure de se coucher. Le sommeil tarde à venir et j'ai la sensation au réveil à 4h00 du matin de n'avoir quasiment pas fermé l'œil de la nuit ! Je ne suis pas inquiet, car c'est toujours comme ça à la chaque veille de grande épreuve…

 

Après la douche et le petit-déjeuner à base de thé vert à la menthe et barre de céréales ISOSTAR spéciales « avant course » (je les teste pour la 1ère fois, c'est pas bien, faut pas le faire !), vérification de la météo : Le ciel est relativement dégagé et la température de l'ordre de 12°. C'est donc la tenue courte que j'enfile avec mes chaussettes de contention.

 

5h00 : Il est temps de prendre la voiture pour descendre à Aime, lieu de départ et d'arrivée de la course. Après avoir garé assez facilement la voiture pas trop loin du départ et récupérés nos dossards, il nous reste un peu de temps pour nous détendre et finir de nous préparer. J'en profite pour enfiler aux bras les manchons signés La 6000D se trouvant avec le dossard dans le sac de chaque participant. Il est maintenant l'heure de rejoindre le sas de départ, comme nous l'invite l'animateur au micro. Nous sommes près de 900 adeptes de la course en montagne à être rassemblés derrière l'arche de départ (En fait, sur les 1016 inscrits, il y a 884 partants). Le ciel est toujours relativement dégagé, la température de l'ordre de 16 à 17°, et malgré la grosse journée qui nous attend, l'ambiance est sereine ! Je ne vois pas Nathalie et Mickaël qui, arrivés peut-être plus tôt que nous, doivent être positionnés plus près du départ. Je demande à Simon, un autre coureur, de nous prendre Christophe et moi en photo… Un petit hélicoptère télécommandé, avec sûrement une caméra embaquée, survole en stationnaire les coureurs piaffant maintenant d'impatience pour en découdre… Une vidéo complémentaire qui devrait certainement être visible sur le site de la course…

 

7h00, le Départ : La longue colonne se met en route… Très légère descente dans le village suivie d'un long plat : Pas loin de 4 kms d'échauffement ! Idéal pour se mettre en jambes, avant d'attaquer la première vraie montée en direction de Plagne Centre, avec plus de 1400 m de D+ à avaler sur 12 kms… Christophe et moi sommes toujours dans la même foulée, mais je sens ma fréquence cardiaque qui commence à s'élever régulièrement avec la montée. Son allure étant vraiment supérieure à la mienne, il vaut mieux aller chacun à son rythme maintenant… A l'occasion d'une escale technique, je le perds totalement de vue. Dans cette première montée, je prends en point de mire quelques coureurs ayant à peu près mon allure et j'essaye de ne pas me laissé distancer, tout en surveillant de très près mes genoux. En effet, lors du 1er Montaud Trail le 14 juillet dernier, j'ai pu éviter de justesse tant bien que mal une super chute. Avec l'humidité créée par la pluie incessante de ces derniers temps, combinée avec une montée en charge de mes entraînements en vue de renforcer mon foncier « endurance » afin de me préparer à une récupération rapide entre les 2 épreuves majeures de la rentrée (les 100 Kms de Millau le 24/09 et les 24 Heures de Grenoble le 01/10), j'ai depuis ce jour-là des sensations douloureuses aux genoux, avec un genou droit très enflé. Ceci m'a contraint à mettre un gros coup de frein sur ma montée en charge depuis plus d'une semaine, et curieusement aujourd'hui, juste avant le départ, le genou droit est de nouveau opérationnel, seule subsiste une légère sensation au genou gauche, que je surveille donc comme le lait sur le feu…

 

1h05 de course, plus de 7 km et 500 m de D+ : Me voici arrivé à un petit ravitaillement « point d'eau » installé dans la traversée du village de Longefoy. Un verre d'eau et je repars, toujours avec la technique d'accrocher un autre coureur ou un couple de coureurs d'à peu près mon niveau. Ainsi, avec plusieurs coureurs, on se double et on se redouble… Quelques kms plus loin, je suis interpellé joyeusement par un coureur ! C'est Mickaël qui vient de me rattraper, alors que je les croyais tous deux loin devant… Nathalie est juste derrière. En fait, au départ, ils se sont mis tout à la fin. Nous courons un moment ensemble, mais leur niveau étant légèrement supérieur, je me laisse distancer, sans me mettre la pression. J'arrive maintenant au 1er poste de secours, puis un gros raidillon annonciateur de l'arrivée à Aime 2000. Tout en redoublant d'effort face à la raideur de la pente, j'arrive à répondre à un coup de téléphone et continuer à doubler quelques coureurs en difficulté…

 

2h44 de course, plus de 14 km et 1400 m de D+ : Aime 2000. La vue ici est magnifique, plongeante sur la station de Plagne-Centre, juste à mes pieds. L'effort réalisé précédemment, interrompu par le parcours longeant les résidences d'Aime 2000 donc très plat, me déclenche immédiatement une superbe crampe derrière la jambe droite. Après m'être arrêté un instant pour m'étirer, je repars, un peu moins vaillant, dans la descente vers Plagne-Centre, en essayant de me décontracter les jambes et en ménageant au maximum, dans cette 1ère descente, mon genou gauche qui pour l'instant tient bien le coup…

 

2h52 de course, près de 16 km et 1400 m de D+ : Plagne-Centre, 1er point de contrôle et ravitaillement d'importance, atteint avec plus de 41 minutes d'avance selon mes prévisions de mon roadbook établi dans la semaine et que je consulte régulièrement… Après 6'20'' d'arrêt nécessaire pour compléter ma poche d'eau d'un bon litre d'eau et de sucre roux, et bien me ravitailler (produit énergétique, coca, raisin sec, abricot sec et pain d'épice), je repars bien restauré à l'assaut du prochain objectif, la Roche de Mio… De superbes paysages s'offrent à mes yeux, notamment quand le soleil darde ses rayons sur les sommets majestueux. Là encore, lors de cette longue montée, on se double et se redouble avec plusieurs coureurs croisés dans la montée précédente et qui sont à peu près dans le même rythme que moi. Sur une partie assez raide, je lève la jambe droite pour franchir une grosse pierre : crampe immédiate ! Il me faut m'étirer 1 mn pour pouvoir repartir… Au pied d'un joli petit lac, j'aperçois un rocher imposant. La Roche de Mio ? Peut-être. En tout cas, le point de contrôle n'est encore là, et je vois au dessus de moi tout en haut un long serpentin sinueux qui arrive tout en haut, à la hauteur d'une télécabine. Ce doit être là ! A l'approche du point de contrôle, je retrouve l'hélicoptère en stationnaire au dessus de moi. Quel honneur ! Je lui fais alors de grands signes de la main !

 

4h35 de course, plus de 22 km et 2100 m de D+ : J'atteins enfin la Roche de Mio avec 33 mn d'avance sur mon planning. Tout va bien, pas de quoi s'inquiéter ! Je m'engage sans m'arrêter dans la 2ème descente, un chemin caillouteux, assez technique. Un coureur est arrêté pour prendre des photos du panorama superbe, malgré les quelques nuages présents qui masquent le sommet des montagnes environnantes. Je prends moi aussi quelques photos pour immortaliser une trace de mon passage, et ceci au prix de plusieurs coureurs qui vont alors me dépasser… Cette descente se termine par une légère remontée pour arriver au 2ème ravitaillement.

 

4h53 de course, 25 km : Double ravitaillement du Col de la Chiaupe, pour ceux qui montent au glacier, comme moi, et pour ceux qui en redescendent ! Je prends 1 minute pour me restaurer comme au précédent ravito : Coca, produit énergétique, abricot sec et pain d'épices. Il est temps de repartir affronter maintenant le gros morceau qui est là, devant moi : Le Glacier de Plagne-Bellecôte qui culmine à près de 3000 m d'altitude ! Beaucoup de touristes et accompagnateurs sont venus encourager tous les coureurs. Allez JP ! me lance jovialement un sympathique monsieur. Cela me fait vraiment du bien. Quelle curieuse sensation que de voir ces deux files de coureurs en parallèle, celle des coureurs qui montent en marchant, lentement, difficilement et celle des coureurs qui descendent en courant, rapidement et assez facilement ! Je suis également étonné de voir déjà redescendre des coureurs beaucoup plus âgés que moi ainsi que de jeunes coureuses. Ils ont tous au maximum déjà 1h15 à 1h20 d'avance sur moi. Séquence admiration ! Solidarité oblige, les descendeurs encouragent ceux qui montent et ceux qui montent félicitent ceux qui descendent ! C'est vraiment très rare, cette configuration, dans une course !

 

Plus j'avance dans la montée, plus la pente est raide, plus c'est difficile, d'autant plus que le parcours traverse maintenant le pierrier du glacier, ce qui rend la montée très technique. Il faut faire attention à chaque pas. Mon genou gauche devient maintenant plus sensible au fur et  mesure de la montée. Il faudra absolument que je mette ma genouillère au ravitaillement du Col de la Chiaupe ! Je remarque que depuis le début de cette ascension au Glacier, beaucoup de coureurs s'arrêtent régulièrement pour reprendre leur souffle. Ceci m'était arrivé lors de la montée au Col des Béraudes, pendant la MERRELL SKY RACE en Juillet 2009. Ici, aujourd'hui, aucun problème de souffle ! Sûrement le résultat de toutes séances de qualité (Vma, Rdo, Vo2M, PPS). Je me sens récompensé de tout ce travail accompli et de ces progrès réalisés depuis 2 ans !

 

Depuis un moment, je suis au coude à coude avec Yann, coureur qui vient de Bretagne. Nous finissons ensemble le dernier raidillon menant au Glacier, très raide et enneigé. Ici aussi, plusieurs touristes et accompagnateurs félicitent chaleureusement tous les coureurs qui arrivent enfin au Glacier, tels des conquérants de nouveaux mondes ! Leurs bravos me font vraiment du bien et je ne manque pas de le leur dire !

 

5h52 de course, 27 km et 2650 m de D+, Arrivée sur le Glacier de Plagne-Bellecôte. Rapide passage au point de contrôle, un verre de coca et je repars. Je croise Simon, mon photographe du début de course, qui attend son collègue encore derrière. Il reste encore à gravir une petite montée d'environ 500 m pour 50 m de D+ pour arriver au sommet de la 6000D… La température est tout à fait supportable et je n'ai pas besoin de rajouter une couche !

 

6h06 de course, 27,5 km et 2700 m de D+, Télésiège de la Traversée. Me voilà au point le plus haut du parcours, à 3047 m d'altitude. Par rapport à mes prévisions, je n'ai plus que 14 minutes d'avance. Cela devrait suffire pour arriver dans les temps au ravito du Col de la Chiaupe / sens retour, 1ère barrière horaire fixée à 7h00 de course ! Yann est toujours avec moi et nous nous lançons dans la descente. Il s'en suit une alternance de chemins assez roulants, traversées de pierriers très difficiles où les bâtons sont vraiment d'une grande utilité, et névés hyper-glissants… Yann, qui se disait pas très bon descendeur, est finalement devant moi, car je suis handicapé par mon genou sensible depuis cette dernière montée qui ralentit considérablement mon allure !

 

Je rejoins maintenant le trajet commun entre la montée et la descente. Mais il n'y a plus de coureurs dans la montée ! Il n'y a donc pas beaucoup de monde derrière moi ! Le chemin est redevenu plus roulant et mon allure plus rapide. En approchant du ravito, je revois et fais un signe au sympathique monsieur de tout à l'heure qui est encore là !

 

6h32 de course, 30,5 km : Point de contrôle – Ravitaillement du Col de la Chiaupe : Les 28 mn d'avance sur la barrière horaire et les 20 mn d'avance par rapport à mon roadbook me réconfortent. J'ai donc un capital de 2h28 pour rallier la 2ème barrière horaire située à Plagne-Bellecôte, distant de 9 km et 300 D+. Ca devrait le faire ! Après m'être ravitaillé, je prends le temps nécessaire pour mettre ma genouillère afin de soulager mon genou gauche dans les longues descentes à venir ! Yann qui s'est arrêté également repart avant moi. Je ne le reverrais plus… Après 7 minutes d'arrêt (ce sera mon arrêt le plus long de tout le parcours), je repars dans la descente en compagnie de Patrick, qui réalise ici son 1er Trail, encouragé par des amis coureurs. Je lui conseille d'aller à son rythme et tout en lui souhaitant bonne chance, je reprends mon allure presque normale de descente, mon genou allant mieux avec la genouillère… La descente vers le Dérochoir, annoncée pour 4 ,9 km, me semble beaucoup plus courte (2,4 km à mon Polar), et ouvre alors la porte à la dernière montée du parcours, le Col de l'Arpette. Chemin faisant, je croise un bénévole de l'organisation puis deux secouristes à la recherche d'un coureur ayant demandé une assistance suite à une entorse au pied. Pas vu, pas pris !

 

J'arrive maintenant au Chalet du Carroley, ravitaillement « point d'eau ». Je fais à nouveau le plein de ma poche à eau qui est vide. Encore 5'30'' d'arrêt, mais aussi de récupération et je repars à l'assaut de l'Arpette que je vois bien là haut, tout en haut de l'arrivée d'un télésiège. Allez, courage ! Je monte à mon rythme. Le chemin est très escarpé et il est difficile de doubler, d'être doublé ! Je croise un coureur, qui bougonne dans la montée et qui a envie d'arrêter. Je l'encourage du mieux que je peux : « C'est ta tête qui commande maintenant, plus tes jambes ! ». Je croise également à nouveau Simon, décidément ! Je fais maintenant la connaissance de Nathalie X, une coureuse qui a déjà fait la 6000D et donne des conseils à quelques coureurs autour d'elle.

 

8h03 de course, 36,2 km, 3058 m de D+, Col de l'Arpette : Plus que 14 mn de marge sur mes prévisions, la montée a été difficile ! Je passe le point de contrôle juste derrière Nathalie que je vais prendre en point de mire pour la descente vers Plagne-Bellecôte. 30 mn selon ses prévisions. La descente est assez roulante, mais je n'ai toutefois pas mon allure habituelle, la fatigue accumulée se combinant à mon genou toujours un peu sensible. Je rattrape néanmoins plusieurs coureurs qui m'ont doublé lors de la montée au Col de l'Arpette ! J'arrive maintenant à Belle-Plagne et je passe pas loin de la résidence où j'ai passé la nuit. J'arrive au centre de la station. Beaucoup de vacanciers sont rassemblés et applaudissent les coureurs à leur passage ! Je plonge maintenant vers Plagne-Bellecôte ! De plus en plus de vacanciers sont là en promenade sur les pistes. Tous font des signes, encouragent, félicitent ! Enfin les résidences de la station, le point de contrôle…

 

8h25 de course, 39,4 km, Plagne-Bellecôte : 35 mn d'avance sur la barrière horaire et près de 20 mn sur mes prévisions ! Je suis confiant sur la possibilité de finir en moins de 11 h, temps maximum pour être classé, être finisher officiel ! Je retrouve Nathalie X arrivée juste avant moi. Après 2 mn d'arrêt et un verre de coca, je repars avec Nathalie et Thierry, coureur originaire de la Réunion. Dans la descente juste en dessous de Plagne-Bellecôte, nous échangeons avec Thierry sur nos expériences mutuelles. Tout d'un coup, Aie, aie, aie !!! Je viens de me tordre la cheville gauche, exactement comme pendant l'Ultra-Trail des Coursières en mai dernier... Je boite un peu, mais j'arrive à repartir en courant doucement. Petit à petit, la douleur s'estompe et ma foulée retrouve sa dynamique normale. Je reste néanmoins très vigilant et mon allure s'en ressent. Aussi, Nathalie X a pris les devants et j'ai du mal à suivre Thierry. Cette descente vers Montchavin est constituée de longs faux-plats et de sections qui remontent légèrement. Elle me semble interminable… Je suis maintenant tout seul. De temps à autre, je double un autre coureur isolé. De temps à autre, je me fais également doublé par un autre coureur plus rapide…

 

Arrive une partie à peu près plate, mais assez caillouteuse. Aie ! Encore une fois, je me tords la même cheville. Je dois vraiment avoir une faiblesse à cette cheville, ou bien ce sont mes chaussures de trail qui ne me maintiennent pas assez la cheville, ou bien encore les deux possibilités ! Là encore, j'arrive à repartir en boitant légèrement avant de retrouver une allure plus conventionnelle, mais encore un peu moins rapide.

 

9h20 de course, 46 km. J'arrive au ravitaillement-point d'eau « Les Tuiles ». On m'annonce 3 km environ pour arriver à Montchavin. Je réalise alors que mon avance à Plagne-Bellecôte est en train de se réduire considérablement… Un verre de coca et je repars illico-presto dans la descente devenue un peu plus roulante maintenant. Je rattrape un coureur, c'est Simon le photographe, encore lui. A priori, il a définitivement abandonné l'idée d'attendre son collègue ! Nous devons approcher de Montchavin car les spectateurs sont présents maintenant sur le parcours. Des escaliers à descendre… Cela fait râler le coureur Simon ! Et voilà, un dernier virage et nous sommes dans le village !

 

9h50 de course, 49,7 km, point de contrôle de Montchavin. Il m'aura donc fallu 1h25 pour descendre de 700 m de D- sur 10,3 km. Ce que je redoutais vient de se réaliser. Mon avance confortable s'est transformée en un petit retard de 5 mn sur mes prévisions ! Pour finir en 11h, je dois donc boucler les 9,7 km donnés comme restant à parcourir en descente en 1h10 maximum ! C'est sur cette dernière partie de course que tout va se jouer maintenant. Cela rajoute forcément de la pression… Moins d'une minute d'arrêt à ce ravitaillement situé dans une rue piétonne où beaucoup de vacanciers sont aux terrasses des bistrots et encouragent encore et toujours les coureurs qui passent devant eux… A la sortie du village, le parcours s'enfonce à nouveau dans la forêt. A partir de là, s'en suit une alternance de descentes plus moins faciles, immédiatement suivies de petites montées, propices à casser le rythme et qui fait râler tous les coureurs que je croise. La pression est maintenant maximum, je regarde ma montre quasiment sans arrêt, le temps passe très vite mais pas les kms ! Aussi, je relance sans arrêt dans les descentes, sans écouter le mal aux jambes, les crampes sous-jacentes et mes genoux très sensibles… Plusieurs fois, je manque de tomber, mais grâce à mes bâtons, je me rétablis à chaque fois in extremis. Je récupère un peu dans les montées, tout en essayant de ne pas trop marcher… Dans cette dernière partie, seuls 3 ou 4 coureurs seulement me dépasseront. Enfin, j'aperçois, à travers les arbres, une route annonciatrice de fin de la forêt.

 

10h45 de course, 57 km : Je sors de la forêt. Le contrôleur chargé de la sécurité pour traverser la nationale annonce qu'il reste plus que 2, 5 km pour joindre l'arrivée. C'est chaud-bouillant maintenant pour finir dans le quart d'heure qui me reste. Voilà encore une petite descente dans un chemin assez technique. J'accélère et double encore un petit groupe de coureurs. Un instant d'inattention et mon pied droit butte sur une pierre. Vlan, me voilà par terre, le genou droit en sang. Qu'importe ! J'essaye de me relever, mais immédiatement, de superbes crampes m'en empêchent. Le petit groupe doublé me rattrape. Une coureuse me propose de l'aide que je décline pour lui laisser finir sa course au mieux ! Voilà maintenant Nathalie X. qui m'avait distancé dans la descente vers Montchavin et qui a perdu son avance en explosant une de ses chaussures ! Il me faut environ une minute pour me relever et repartir… Les crampes finissent par s'estomper en courant… Je relance encore une fois… Voici maintenant une petite route tranquille, bien plate, comme je les aime. Je marche 50 m pour récupérer, je relance. Je rattrape encore quelques coureurs, dont Nathalie X. Une jeune coureuse me rattrape, me demande le temps qu'il reste pour les 11h. Il reste seulement 1 minute et l'entrée du village n'est pas encore là. « C'est cuit ! » dis-je… Une foule de pensées m'envahit alors : « Je vais de toute façon terminer ma 6000D, même si ce n'est pas en 11h, cela sera peut-être en 11h10 ou 11h15, mais qu'importe, j'ai fait le maximum, avec une pression contrôlée dès le début de la course, peu de temps d'arrêt aux ravitos, des relances au maximum, je n'ai rien à regretter. Dois-je envisager de faire maintenant l'Ultra-Trail du Vercors le 10 septembre pour obtenir ces 2 points nécessaires pour l'inscription à l'UTMB 2012 ? Dois-je vraiment faire l'UTMB ? ». L'arrivée sur la piste cyclable qui mène à Aime me fait sortir de mes pensées !

 

11h07 de course et environ 60 km au compteur : Je suis maintenant sur la piste cyclable. Une bénévole de l'organisation remonte en vélo la file des coureurs pour annoncer le rajout d'une heure sur la durée totale de course, soit 12h ! Mon cœur fait boum ! Je redouble de vitesse et rattrape encore quelques coureurs. Je leur annonce joyeusement « On va être classé ! On va être finisher ! » Je vais avoir les 2 précieux points, sésame de mon inscription UTMB, me dis-je en même temps dans ma tête, en accélérant encore. Je suis maintenant dans le village, la route monte, l'arrivée est à moins de 500 m aux dires des spectateurs massés tout le long du parcours. Je relance encore, porté par la foule de plus en plus dense. J'arrive dans une rue piétonne, pleine de monde, de commerces, des bravos jaillissent de partout, l'émotion commence à m'étreindre… « A gauche, à 100 m l'arrivée » me lance un contrôleur. A force de doubler, je suis tout seul, j'accélère encore… Un dernier virage à gauche, je vois l'arche d'arrivée à 50 m, la foule à gauche et à droite qui applaudit ! Une dernière relance ! Je lève les bras et les bâtons au ciel en signe de Victoire ! Séquence émotion : Je pleure !! Je suis finisher  en 11h et 14 mn, avec 60,9 km au compteur et 3215 m de D+ / D- !! Purée, que c'était dur ! la 6000D, la course des géants, ça se mérite !!!

 

Epilogue : Après avoir récupéré mon tee-shirt de finisher, je retrouve Nathalie T, ma collègue de Sassenage, arrivée après 10h40 d'effort et Mickaël arrivé en 11h, complètement épuisé est dans les mains d'un secouriste. Quant à Christophe, il a terminé en 10h15. Chapeau ! Voyant mon genou écorché, un secouriste me conseille d'aller me doucher et revenir pour me faire soigner. Après ma douche, la blessure de mon genou étant superficielle, je décide de zapper le pansement pour remonter au plus vite avec Christophe sur Belle-Plagne et se faire une superbe Pizza avec un bon demi. On l'a bien mérité, non ! Une fois couché, j'aurais beaucoup de mal à trouver le sommeil, comme après chaque course majeure. Je commence à avoir l'habitude ! Après un bon petit-déjeuner, il est l'heure de repartir dans nos pénates respectives… Christophe, maintenant en vacances, part très tôt pour aller du coté de l'Ile de Ré… En rendant les clés à l'accueil de la résidence, je fais la connaissance d'Olivier, qui a fait également la 6000D en 9h45. Respect ! Olivier est militaire français et réside en Belgique où il travaille pour l'OTAN. Venu en train, je lui propose de le redescendre à la gare d'Aime. Cela lui évitera d'attendre la navette et il aura ainsi le temps de retourner au Village-Course avant de prendre son train. C'est également l'occasion pour moi de découvrir ce Village-Course que je n'ai même pas pensé à visiter hier en fin de journée. Après un rapide tour du Village et un café pris en commun, l'heure du départ a sonné pour moi.. Bye, bye, La 6000D, bye, bye La Plagne !!!

 

Temps réalisé : 11h14'17"  - Classé 752ème sur  810 arrivants (74 abandons), 15ème VH3 (60 à 69 ans) sur 21

 

 Quelques photos perso de la 6000D...             Le parcours de la 6000D...        

 Photos officielles 6000D... 

 

Tout compte fait, après analyse des classements intermédiaires fournis par l'organisation, je ne me suis pas trop mal débrouillé, à en juger le tableau ci-dessous…

 

 

        

 

 

 

 

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Dernière mise à jour le 17/08/2011

 



05/08/2011
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